L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu autour de l’explosion des prix de l’énergie, alors que le coût du gazole approche désormais les 2,20 euros le litre, alimentant les inquiétudes des ménages comme des professionnels.
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Face au gouvernement, le député du Rassemblement National Jean-Philippe Tanguy a vivement dénoncé ce qu’il considère comme « trois semaines d’inaction » alors que les prix du carburant connaissent une hausse spectaculaire.
Selon lui, les mesures annoncées par l’exécutif — reports de cotisations, prêts et dispositifs d’accompagnement — ne répondent pas à l’urgence de la situation et ne font que repousser les difficultés auxquelles sont confrontés les Français.
Le député a particulièrement insisté sur les conséquences pour les secteurs les plus dépendants des carburants, notamment les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs routiers, les taxis ainsi que de nombreux artisans.
Jean-Philippe Tanguy estime que de nombreux Français sont désormais contraints de choisir entre remplir leur réservoir pour aller travailler ou assurer leurs dépenses alimentaires, une situation qu’il juge inacceptable.
Au cœur de ses critiques figure le poids de la fiscalité sur les carburants.

Selon lui, près de 60 % du prix payé à la pompe provient aujourd’hui des différentes taxes et contributions, dont certaines auraient encore été renforcées au début de l’année.
Le député a également remis en cause la politique énergétique menée depuis plusieurs années, reprochant au gouvernement de ne pas avoir suffisamment développé les capacités nationales de raffinage après le début de la guerre en Ukraine.
Autre sujet de polémique : l’utilisation des réserves stratégiques françaises de carburant.
Jean-Philippe Tanguy a demandé pourquoi une partie de ces stocks aurait, selon lui, été mobilisée dans un cadre international plutôt que réservée exclusivement au marché français afin de limiter la hausse des prix.
En réponse, le ministre de l’Économie Roland Lescure a rejeté catégoriquement ces accusations.
Le ministre a affirmé que les propos du député mélangeaient « inexactitudes, mensonges et divisions », estimant que plusieurs affirmations avancées ne correspondaient pas à la réalité.

Roland Lescure a rappelé que chaque choc pétrolier observé depuis plusieurs décennies avait systématiquement entraîné une dégradation des finances publiques, en raison notamment de l’augmentation des dépenses sociales.
Il a également assuré qu’aucun litre des réserves stratégiques françaises n’avait quitté le territoire national dans le cadre des décisions validées par le gouvernement.

Concernant les certificats d’économies d’énergie, souvent critiqués par l’opposition, le ministre a défendu un dispositif destiné, selon lui, à accélérer la transition énergétique.
Il a cité le financement de véhicules électriques, de pompes à chaleur ainsi que de rénovations énergétiques comme exemples des objectifs poursuivis par cette politique.
Pour Roland Lescure, ces certificats ne constituent pas une recette supplémentaire pour l’État mais un mécanisme destiné à soutenir l’investissement et la réduction des émissions.
Le ministre a enfin appelé l’ensemble des forces politiques à éviter les divisions face à une crise énergétique qu’il qualifie d’internationale.
Dans sa réplique, Jean-Philippe Tanguy a maintenu ses accusations et a répété que la priorité devait être une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants afin de redonner du pouvoir d’achat aux Français.
La séance s’est conclue par une nouvelle intervention du ministre, annonçant la création prochaine d’un observatoire chargé de suivre les conséquences économiques de cette crise énergétique sur les finances publiques, tandis que le débat sur le coût de l’énergie et les réponses à apporter reste plus que jamais au cœur de l’actualité politique française.